L’Entretien avec Armand Strainchamps – La création autrement

Présentez vous en quelques mots :

Je suis artiste peintre professionnel indépendant.

Quand et comment êtes vous entré en contact avec l’art ?

Déjà étant petit, je dessinais dans mon coin en me disant que je voulais être artiste. Comme je ne me voyais pas en autodidacte, il fallait que je suive des études artistiques.
J’ai passé l’examen d’admission pour l’École Nationale Supérieure des Arts Visuels la Cambre, qui était pour moi, le top absolu. Tout en apprenant l’histoire de l’art, l’école nous poussait à développer notre propre style.

Entrer et réussir cette école a été un déclencheur dans ma vie, la Cambre m’a forgé et m’a appris à faire autrement.

Parlez-nous de votre démarche artistique :

En passant par le dessin et la  gravure, j’ai commencé à utiliser diverses photocopieuses pour réaliser mes tableaux, ce qui déjà dans les années 80 était le Copy Art. C’est ainsi que ma ligne de dessin s’est formée et aujourd’hui dans mes peintures on retrouve toujours cette ligne saccagée et irrégulière. En 1986 la ville de Luxembourg a lancé un concours de peintures murales dont j’ai remporté l’un des cinq et c’est ainsi que j’ai fait ma première peinture murale.

Les dimensions, la projection, les échafaudages…

Ou trouvez-vous votre inspiration ?

Le cinéma, la BD, la lecture, mais c’est surtout la vie de tous les jours qui provoque en moi une certaine créativité. N’oublions surtout pas la couleur qui m’inspire des ambiances et des atmosphères. 

Sans titre 48, 2022, Acrylique sur toile, 80 x 80 cm
Sans titre 49, 2022, Acrylique sur toile, 80 x 80 cm

Quel message/émotion souhaitez-vous transmettre à travers vos oeuvres ?

C’est quasi impossible pour moi de répondre a cette question, parce que chaque personne qui va voir et s’intéresser à mes oeuvres, va vivre une émotion différente. Je ne contrôle pas l’effet de mes tableaux. 

Je dois peindre pour faire en sorte que le tableau reste ouvert, que le spectateur puisse s’investir et vivre une émotion, une atmosphère qui lui est propre. C’est comme la poésie, je dois travailler l’aspect de l’oeuvre mais ce que les spectateurs vont vivre, c’est à eux de le décider. 

Avez-vous un souvenir de création que vous aimeriez partager ?

Peindre le plafond de la gare de Luxembourg restera toujours un souvenir particulier. C’était un très grand évènement pour moi, car je n’ai pas eu de contraintes j’ai pu faire ce que je voulais. 

Si vous deviez choisir une oeuvre dont vous êtes le plus fier ?

La fierté c’est un sentiment spécial. Pour être fier, il faut arriver au bout de quelque chose et je n’y suis pas. Plus de produis d’oeuvres, plus le nuancier devient grand, donc c’est compliqué de parler d’une oeuvre en particulier. En revanche je suis content d’avoir pu continuer et garder la volonté de réaliser la prochain tableau.

Quels sont vos futurs projets ?

Il y a une exposition en partenariat avec Art Work Circle qui sera visible cette année et un nouveau projet dans l’espace urbain. J’aime travailler avec des architectes parce qu’il y a forcément un dialogue qui s’installe entre l’architecte et moi-même, une contrainte intéressante et constructive. 

Deux expos par ans, dont je connais le contenu, c’est un bon rythme, on y est pour cette année ! Les expos sont des moteurs pour moi. Autant je n’aime pas qu’on vienne à l’improviste à l’atelier autant j’aime être confronté au public. 

  • Quelle est la première chose que vous avez faite ce matin J’ai bu un verre de jus mais je ne sais plus lequel, je change tout le temps !
  • Quel est le sujet principal de votre travail : Inventer des ambiances, des espaces en dehors de toute réalité.
  • Vous ne quitteriez jamais votre domicile sans… Du papier et un crayon.
  • Votre “happy place” ? Mon atelier. C’est le cliché du havre de paix, la concentration pure, la satisfaction de pouvoir être seul. 
  • Votre mot préféré ? Comme je préfère le texte au mot. Je citerai donc la métaphore de Victor Hugo que je préfère « L’hydre univers tordant son corps écaillé d’astres ».
  • Votre plaisir coupable ? Il m’arrive de fumer des Havanes.
  • Quel est votre projet rêvé ? C’est le prochain, il a le gout de la réalité parce qu’il est possible.