L’Entretien avec Camille Lazzari – le dessin au centre de sa démarche artistique

Dans cette nouvelle édition de la rubrique « L’entretien », Art Work Circle est allé à la rencontre de l’artiste Camille Lazzari. Une invitation pour découvrir ses sources d’inspiration et sa démarche artistique. 
Les œuvres de Camille Lazzari sont disponibles à lachat et à la location sur Art Work Circle depuis 2018.

Présentez-vous en quelques mots.

Je suis une artiste basée au Luxembourg depuis un peu plus de trois ans.
Concernant mon cursus scolaire, j’ai obtenu un Master en Arts visuels (spécialisation Dessin) de l’École de Recherche graphique à Bruxelles. 

Quand et comment êtes-vous entrée en contact avec lart ?

Lorsque j’étais enfant, mes parents m’emmenaient souvent dans des expositions et des musées. J’ai développé, assez naturellement, une passion pour la peinture mais aussi pour tout ce qui était en lien avec la création artistique, que ce soit la danse, le cinéma ou encore la bande dessinée.
Lors de mes études supérieures, je suis réellement rentrée en contact avec l’art grâce aux rencontres avec les personnes du milieu. 

Parlez-nous de votre démarche artistique.

Je réalise des dessins, la plupart du temps sous forme de séries sur rouleaux de papier en grand format. Mes dessins de paysages, d’architectures et de la nature témoignent d’une certaine intervention humaine.
Les lieux sont primordiaux pour moi car je dessine beaucoup à partir d’endroits très précis. Le flux de pensées, les perceptions et les souvenirs que je peux avoir dans ces lieux sont très importants et je les réévalue par une réflexion sur leur figuration (ndlr : sur les dessins initiaux).

Le dessin se trouve au centre de ma démarche artistique. Un nouveau projet nait toujours d’un besoin et d’une envie très grande de développer un processus où le dessin occupe une place centrale. Ensuite j’essaie de comprendre d’où ce besoin vient afin de le mettre en perspective et de comprendre à quoi ce désir est lié. Il est souvent en lien avec une expérience professionnelle ou personnelle, qui est évidement nourrie, inconsciemment ou pas, par ce qui m’entoure, par un livre que je suis en train de lire, un film que j’ai vu, etc. C’est une phase de travail un peu plus impulsive, plus personnelle.
Par après, je le place dans un contexte plus global et c’est là où j’effectue le travail de recherche et c’est seulement après tout cela que je commence le travail du dessin.

Où trouvez-vous votre inspiration ?

Partout! Dans la lecture, la philosophie, le cinéma, en allant voir des expositions, en marchant, en échangeant avec d’autres artistes, en suivant l’actualité ou encore grâce aux souvenirs. Je trouve mon inspiration dans un mélange de tout cela.

Quel(le) message/émotion souhaitez-vous transmettre à travers vos oeuvres ?

Je ne pense pas que j’essaie de transmettre un message mais plutôt de partager une expérience ou des pensées. Concernant les émotions, je n’essaie pas d’influencer le public pour susciter une émotion particulière. À travers mes dessins, j’essaie de partager une certaine sensibilité afin de déclencher une curiosité ou une réflexion chez le spectateur. 

Avez-vous un souvenir de création que vous aimeriez partager ?

C’est lors d’une exposition personnelle qui s’est déroulée au Luxembourg Center for Architecture en octobre 2017. C’est un souvenir de création important car j’ai eu la chance de pouvoir montrer tous mes projets les plus importants en même temps. C’était très enrichissant et c’était un cadre d’exception pour exposer.
Pour moi, chaque œuvre représente une multitude de souvenirs de création.

Si vous deviez choisir UNE oeuvre dont vous êtes la plus fière ? Pourquoi ?

C’est une œuvre qui s’intitule « Gehen » (ndlr : traduction du mot marcher en allemand) car c’était à la fois un défi artistique mais aussi physique. Il s’agit d’un projet qui consistait à dessiner lors d’un trajet entre le village d’Hofweiler en Allemagne et celui de Junglinster au Luxembourg, sur une distance d’à peu près 30 kilomètres. Même si cette œuvre n’est pas récente, j’ai l’impression d’y découvrir encore aujourd’hui beaucoup de significations et de questionnements auxquels je n’avais pas pensé à l’époque. 

Quels sont vos futurs projets ?

Pour l’instant, je travaille une partie de l’année au Luxembourg City Film Festival. J’ai besoin de me distancier régulièrement de ma pratique artistique et de me confronter différemment à la création pour y trouver du sens et du plaisir.

Sinon, j’ai l’intention de reprendre un travail sur une forêt en Pologne que j’ai dû interrompre à cause de la pandémie.

  • Quelle est la première chose que vous avez fait aujourd’hui ? J’ai bu deux tasses de café
  • Quel est le sujet principal de votre travail en un mot ? Remémorer
  • Vous ne quitteriez jamais votre domicile sans… Mon sac dans lequel j’ai mon matériel pour dessiner et pour prendre des notes
  • Votre “happy place” ? Dans la forêt
  • Votre mot préféré ? Impossible de faire un choix, j’en ai tellement (rire)
  • Votre plaisir coupable ? La viande
  • Quel est votre projet rêvé ? Faire une résidence d’artistes en Italie