L’art doit être libre – Interview Valerius art gallery

Gérard et son assistante Lou dans la Valerius art gallery.
Une nouvelle galerie d’art moderne, contemporain et tribal a ouvert ses portes au Marché-aux-Poissons à Luxembourg et sera inaugurée le 28 septembre. Rencontre avec Gérard Valerius, collectionneur aguerri et ex-personnalité de la vie nocturne luxembourgeoise, qui nous explique le concept qu’il entend insuffler à sa galerie.

Pourquoi avoir voulu ouvrir une galerie ?
Je suis passionné d’art depuis toujours. Je collectionne des œuvres depuis le lycée. Pendant 25 ans, j’ai surtout travaillé dans le milieu de la vie nocturne. Puis, j’ai eu envie de changer. C’est comme de partir à la retraite et de commencer à jouer au golf ! Il y a un temps pour tout. En fait, je n’ai jamais voulu être cloué au même endroit toute ma vie. C’est un concours de circonstances, un hasard, qui m’a poussé à ouvrir cette galerie maintenant.

D’où viens ton amour pour l’art ?
Je ne sais pas vraiment. Cela date du lycée. Peut-être en allant chez des amis dont les parents étaient collectionneurs et où j’ai pu voir des œuvres. Les visites des musées dans ma jeunesse, comme le Centre Pompidou à Paris. Déjà à ce moment-là, ma chambre était pleine de reproductions d’artistes surréalistes. Mes parents ont également commencé à collectionner. Et puis, il y a eu la découverte de l’art tribal, ça été une claque ! Cet art m’a toujours intéressé. Puis est venu l’art moderne… Mes goûts sont très éclectiques, il n’y a qu’à regarder autour de soi.

Quel art collectionnes-tu ?
Cela va de l’avant-garde russe, à l’avant-garde new-yorkaise. L’art africain. Le mouvement Cobra, les artistes de Supports-Surfaces… Pour moi, les arts peuvent se combiner à merveille, j’aime expérimenter les mélanges de styles. La première œuvre d’art que j’ai achetée était une lithographie de l’artiste luxembourgeois Michel Geimer, puis une sculpture représentant un oiseau calao du Mali.

Achètes-tu toujours tes coups de cœur ou existe-t-il d’autres raisons ?
Le déclencheur est toujours un coup de cœur. Cela dit, à partir d’une certaine somme, je réfléchis à deux fois avant de me décider et je m’assure que l’investissement est justifiable sur le marché de l’art.

Comment et où achètes-tu ?
J’aime chiner. J’achète dans les galeries, chez les artistes, dans les foires. Un peu partout. À l’occasion de mes voyages à l’étranger, j’en profite toujours pour visiter les ateliers d’artistes, me mettre en contact avec des artistes « avant-gardistes » ou plus établis, intégrer des réseaux et rencontrer du monde, aller aux vernissages, aux fêtes… De fil en aiguille, je crée ainsi mes propres parcours et intérêts artistiques.

Tu aimes donc aussi rencontrer les artistes derrière les œuvres ?
Oui, d’ailleurs au début, j’ai toujours souhaité rencontrer l’artiste dont une œuvre d’art me plaisait… Et forcément le trouver sympathique ! Mais c’est un aspect idéaliste que j’ai maintenant laissé de côté… Tant mieux si l’artiste dont j’aime l’œuvre d’art est sympathique. Depuis, j’ai acquis de nombreuses œuvres dont je n’ai jamais connu les artistes personnellement. C’est le cas notamment pour les œuvres d’art tribal. Je dois quand même dire que je n’ai jamais réussi à acheter une œuvre à un artiste complètement abject ou détestable !

Comment va fonctionner ta galerie, qu’est-ce qui est prévu ?
On prévoit de changer l’accrochage régulièrement comme dans une galerie de second marché : selon l’épuisement des œuvres d’un artiste, l’arrivée de nouveaux artistes dans la galerie, etc. Pour l’ouverture, tout l’accrochage sera entièrement revu. Cette alternance des œuvres donnera envie aux gens de passer plus souvent, de découvrir de nouvelles œuvres, etc. Ce qui importe est de rester libre. On ne veut pas se mettre de cadres. On veut aussi mieux comprendre les envies des visiteurs dans la galerie. On fera aussi peut-être des expositions d’un seul artiste avec des vernissages réguliers ou même exposer de vieux meubles…

Quelles sont tes attentes ?
J’espère que nous aurons beaucoup de visiteurs et que nous pourrons leur présenter notre approche, c’est-à-dire, une approche très détendue par rapport à l’art, car pour moi, l’art doit être sensoriel, sensuel et une affaire de plaisir. Dans ma galerie, on peut toucher l’art, le sentir… Je suis loin de vouloir intellectualiser l’art. Je veux vraiment descendre l’art du socle, le rendre accessible au plus grand nombre. L’art doit être libre de l’oppression intellectuelle selon moi. C’est aussi pour cette raison que je souhaite proposer plusieurs artistes d’horizons différents, pour laisser le choix aux visiteurs. C’est vraiment une approche de collectionneur.

Quels prix proposes-tu ?
Tous types de prix, des petits prix pour des petits tableaux, mais aussi de plus grands investissements pour des oeuvres d’artistes qui ont une cote déjà importante.

Valerius art gallery est une galerie de second marché qui propose des œuvres d’art d’artistes aussi divers que : Karel Appel, John Blau, Steven Cohen, Erro, Günther Förg, Raymond Hains, Hans Hartung, David Lachapelle, Markus Lüpertz, Eric Mangen, Jonathan Meese, Moritz Ney, Sergio Sardelli, Rafael Springer, Claude Viallat, Andy Warhol, Wallace Whitney, Zao Wou-Ki, etc… Et de l’art asiatique, d’Océanie et d’Afrique.

Fête d’ouverture : jeudi 28 septembre à partir de 17 h, Valerius art gallery, 2a rue Wiltheim, Fëschmaart, L-2733 Luxembourg. Ouvert du mardi au samedi de 11 h – 18 h. Fermé le lundi et le dimanche. Plus d’informations sur : www.valeriusartgallery.com

Explorez une partie de la galerie à 360° à l’aide de votre souris ou de votre smartphone.

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