Exposition « Iconographie » d’Anna Krieps chez Nosbaum Reding Projects

Anna Krieps, "Ophelia", photography, 2018. © Anna Krieps.
Parallèlement à la représentation de ses oeuvres sur la plateforme d’art en ligne Art Work Circle, la photographe Anna Krieps présente actuellement des oeuvres à la galerie Nosbaum Reding Projects.

Pour sa première exposition à la galerie Nosbaum Reding Projects, Anna Krieps s’intéresse à la représentation de la femme dans l’art pour engager une réflexion plus large sur la place du corps féminin dans l’imaginaire collectif.

Dans la série de photographies intitulées Iconographie, l’artiste luxembourgeoise convoque des tableaux célèbres comme Le Déjeuner sur l’herbe (1863) d’Edouard Manet, La Vierge en prière de Sassoferrato (vers 1640-1650) ou La Vénus au miroir (vers 1647-1651) de Vélasquez pour interroger l’image de la femme façonnée et véhiculée par l’histoire de l’art. Vénus ou courtisane, h?ta?re ou Madone ?: dès la Renaissance, les peintres cultivent une vision binaire de la femme, présentée comme un archétype sans nom ni identité.

Dans le travail d’Anna Krieps, en revanche, le modèle est identifiable et porte un nom?: il s’agit de sa soeur Vicky, comédienne de renom international, qui, ici, s’offre ? nous dans une pudeur ? peine dissimulée. En choisissant une actrice pour incarner les femmes représentées dans ces chefs-d’oeuvres de l’art (masculin) occidental, l’artiste réussit un double tour de passe-passe ?: d’une part, elle utilise l’effet de reconnaissance comme un levier lui permettant de pointer l’anonymat des modèles originaux, et d’autre part, elle renvoie au statut de la femme dans le contexte plus large de la production d’images, dont le cinéma est aujourd’hui l’un des plus puissants vecteurs.

En mélangeant deux niveaux picturaux ? Celui de la scène photographique et celui des décors peints, les compositions oniriques d’Anna Krieps opèrent par ailleurs une mise en abyme qui invite à s’interroger sur la frontière entre rêve et réalité, entre artifice et véracité: un questionnement qui a de tout temps hanté les artistes et qui, à l’ère du numérique, n’a rien perdu de son actualité. (Source texte : Nosbaum Reding Projects).

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Jusqu’au 19 octobre 2019. Finissage: 19 octobre de 16h à 19h. Nosbaum Reding Projects. 4, rue Wiltheim L-2733 Luxembourg. Mardi-Samedi 11h -18h. Plus d’infos: http://www.nosbaumreding.lu/en/galerie/accueil/0/nosbaum-reding-gallery-projects

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